Depuis le milieu des années 80, le Costa Rica a progressivement mis en place un modèle de développement économique basé sur les exportations. En conséquence, le pays a fait des efforts importants pour s’ouvrir sur l’extérieur et pénétrer de nouveaux marchés. De grands progrès ont été fait en matière de libéralisation économique afin de permettre au pays de jouer un rôle moteur tant au niveau de l’Amérique Centrale qu’au niveau mondial. Les investisseurs étrangers restent attirés par ce pays qui, en plus d’atouts touristiques indéniables, possède une main d’œuvre parmi la plus qualifiée d’Amérique Centrale. Cependant, le pays reste dépendant des évolutions mondiales et les prix très bas du café et de la banane ont fortement touché le secteur agricole. Par ailleurs, le déficit interne, la dette extérieure et l’inflation continuent de peser sur l’économie costaricienne.
Le Costa Rica a, par referendum, ratifié le Traité de Libre Commerce (TLC) avec les Etats-Unis d’Amérique le 7 Octobre 2007. Sa mise en place au Costa Rica devrait entraîner d’importantes réformes économiques et ainsi permettre de faire évoluer de nombreux agrégats économiques. Dans un futur plus lointain (entre fin 2008 et début 2009) un traité équivalent devrait être proposé avec l´Europe. Le haut niveau de développement humain du pays lui permet d’allier une main d’œuvre à la fois de qualité et bon marché. Malgré une forte dollarisation, le risque pays s’avère modéré.

La Banque Centrale du Costa Rica prévoit une croissance toujours aussi dynamique pour 2007(+6%), accompagnée d’une inflation légèrement moins forte mais tout de même proche de 8%.



Répartition de la population active :
86% de la population active est employée par le secteur privé.
- 14,7% de la population active travaille dans l’agriculture
- 20,6% dans le secteur de l’industrie et la construction
- 25,7% dans le secteur du commerce et des transports
- 39% dans le secteur des services (inclut l’électricité, le gaz, l’eau, les établissements financiers et le tourisme).
Le secteur primaire : l’agriculture et la pêche :
Ce secteur a longtemps été l’activité la plus importante du pays. Les 1290 km de côtes ont permis de développer les activités abiotiques sur les deux côtes du pays et le climat dans les terres est propice à de nombreuses cultures et à l’élevage. La production costaricienne était principalement constituée d’activités agricoles traditionnelles comme la banane, le café, l’élevage intensif, le sucre, etc.
Cependant, depuis quelques années, les activités non traditionnelles ont supplanté en valeur les traditionnelles et ce sont elles qui assurent aujourd’hui un développement soutenu.
En 2007, l'agriculture, la sylviculture et la pêche ont représenté un peu moins de 13% du PIB du Costa Rica mais environ 34% des exportations totales. Globalement, le soutien de l'État en faveur de l'agriculture apparaît peu important, mais il est difficile d'être précis vu que le Costa Rica n'a présenté aucune notification au sujet du soutien interne pour la période 2001-2006. Au niveau du commerce extérieur, plus de 50% de ces exportations se font vers les États-Unis. Le Costa Rica est le second exportateur mondial de cœurs de palmiers et le premier exportateur d’ananas pour le marché du frais.
Le secteur industriel:
Le secteur industriel a représenté environ 20% du PIB et 65% des exportations. Les activités manufacturières pratiquées dans le cadre de régimes commerciaux spéciaux occupent une place de premier plan au Costa Rica. Les zones franches en particulier jouent aujourd'hui un rôle important dans les exportations et constituent un pôle d'attraction pour les investissements étrangers.
Sous l’impulsion du développement de la production de matériel électrique et électronique, le Costa Rica est devenu, pour les biens technologiques, le plus important fournisseur des États-Unis pour la région d’Amérique latine et des Caraïbes, supplantant même le géant brésilien. Les composants électroniques, et en particulier les microprocesseurs sont devenus dès 1999 les premiers produits d’exportation.
L’industrie médicale connaît, elle aussi, une forte expansion depuis ces dernières années, notamment avec l’arrivée sur le territoire d’entreprises comme Abbott Laboratories et Baxter Healthcare. La production textile a, en revanche, subi une récession et, malgré la récente ouverture du marché américain aux pays de la zone caraïbe, cette branche reste très concurrencée par les produits asiatiques.
Aujourd’hui, le secteur se compose surtout de produits électroniques, agro-industriels, médicaux, de matériaux de construction et de produits plastiques.
Le secteur touristique et des services
Le secteur touristique est l’une des activités les plus importantes du pays. Environ 10% de la population vit directement ou indirectement du tourisme. En plus du soleil, des volcans et des plages, le Costa Rica propose un tourisme écologique, avec la promotion de ses parcs nationaux et privés. Sur seulement 52 000 km² de superficie, le Costa Rica détient 6% de la biodiversité de la planète et 26% de son territoire est préservé à travers des parcs nationaux. En 2006, le Costa Rica a reçu plus de 1,7 millions de touristes. La moitié de ceux-ci viennent d’Amérique du Nord (États-Unis et Canada). Les Français ont seulement été 23 467 à venir visiter le pays.
Le secteur des services constitue 62,8% du PIB en valeur. Le Costa Rica possède des infrastructures performantes, notamment dans le domaine de la logistique ou des télécommunications mais le rapport qualité / prix des services est inférieur à celui de nombreux autres pays d’Amérique latine (les télécommunications restent très chères au Costa Rica par exemple). Raison pour laquelle les autorités ont pris des mesures pour accroître la participation du secteur privé dans certains de ces services.
Costa Rica - Monde : le commerce extérieur
Les Traités de Commerce
Le développement du Costa Rica a été bâti depuis plusieurs années déjà sur les exportations. Le pays s’est donc toujours efforcé de développer les accords de libre échange avec ses principaux partenaires commerciaux. Le Costa Rica a signé des Traités de Libre Échange avec les pays d’Amérique centrale, le Mexique, le Chili, la République Dominicaine, le Canada et les pays de la zone caraïbe. En octobre 2005, le texte sur le Traité de Libre Commerce avec les États-Unis a enfin été envoyé à l’Assemblée Législative Costaricienne, qui doit maintenant le ratifier. Le Costa Rica a également des Traités Bilatéraux de Commerce et d’Investissement avec plusieurs autres pays (Panama, pays de l’UE, Japon ou Taiwan par exemple).
Toutes ces promotions de libre échange ont pour but principal de diminuer ou même d’éliminer les tarifs douaniers pour certains produits afin d’offrir des conditions plus favorables aux flux de marchandises en provenance et à destinations de ces pays.
L’Initiative pour le Bassin Caribéen permet d’exporter des produits costariciens vers les États-Unis en exemption de droits. Pour l’Union Européenne, le Costa Rica jouit du Système Généralisé de Préférences (SGP) qui lui permet d’exporter la plupart de ses produits agricoles et industriels sans droits de douane. Cette mesure est négociée tous les deux ans depuis dix ans.
Tableau Récapitulatif des Traités de Commerce en vigueur en 2006 :

Traité de Libre Commerce avec CARICOM :
Le 9 mars 2004, le traité de Libre Échange entre les pays de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et le Costa Rica a été signé. Il conclut ainsi les négociations menées depuis 2002, quand les pays de ce bloc ont sollicité une extension de l’accord commercial qui avait déjà été négocié en 2002 avec Trinidad et Tobago. Les produits costariciens peuvent donc entrer librement dans ces pays et ainsi améliorer l’insertion du Costa Rica dans l’économie mondiale. Tous les pays de la zone participent au Traité excepté Les Bahamas, Haïti et Montserrat. Il est à noter que la balance commerciale du Costa Rica avec ces pays est largement positive, que 50% des exportations vont vers la République Dominicaine et que 60% des importations (de gaz naturel notamment) proviennent d´Arabie Saoudite.
Le Marché Commun Centroaméricain :
Le traité de Libre Échange entre les pays centraméricains (Costa Rica, Salvador, Guatemala, Honduras et Nicaragua) existe depuis 1963. Il prévoit une libre circulation des produits entre les pays de la zone. Pour cela, il est impératif que les produits ne proviennent pas d’un pays tiers. Si un produit est simplement assemblé, emballé, coupé, ou dilué dans un pays membre, il ne sera pas considéré comme produit d’origine centraméricaine et devra payer les droits de douanes normaux.
Les rares limitations au libre commerce concernent le café, le sucre, l’alcool, le tabac et certains dérivés du pétrole.
La balance commerciale du Costa Rica avec l´Amérique Centrale est largement positive (767 millions de US$ en 2006). Cette zone représente 17 % des exportations totales du Costa Rica et constitue donc un marché important pour le pays. Pour ses exportations, le principal partenaire commercial de cette zone est le Guatemala (23% en 2006) ; Le Panama est, quant à lui, le premier importateur de cette zone avec 26% des importations en 2006.
Le Traité de Libre Commerce États-unis / Amérique Centrale :
Connu aussi sous le nom de CAFTA (Central American Free Trade Agreement), le traité régit le libre-échange entre, d'une part, les Etats-Unis et, d'autre part, la République dominicaine et 5 pays d'Amérique centrale (Costa Rica, Salvador, Guatemala, Honduras et Nicaragua). Seul le Costa Rica, pays de 4,6 millions d'habitants, le plus développé et le plus stable de cette région, ne l'avait pas encore ratifié. Il est en vigueur dans les autres pays concernés.
La division sans précédent de la jusqu'alors paisible société costaricaine et l'impuissance parlementaire de la majorité seulement relative du Parti de libération nationale (PLN) du président social-démocrate Oscar Arias avaient conduit ce dernier a opter pour le référendum.
La victoire du OUI au Referendum du 7 Octobre 2007 permettra de renforcer la position du pays comme tête de pont vers l’Amérique centrale et latine mais aussi vers l’Amérique du Nord. Les États-Unis sont le principal partenaire commercial du Costa Rica et représentent 173 fois le Marché Commun Centroaméricain. L’approbation de ce traité va permettre d’attirer de nouveaux investissements étrangers, de réformer profondément le pays et d’en renforcer l’internationalisation.
Les réformes les plus importantes toucheront surtout le secteur des services et ce sont elles qui provoquent le plus de polémique. En effet, avec l’approbation de ce TLC, deux monopoles vont disparaitre : celui des assurances et celui de télécommunications. Pour les assurances, un processus d’ouverture à la concurrence devrait progressivement être mis en place de 2008 à 2011. Pour les télécommunications, secteur pour lequel le Costa Rica possède d’importants atouts mais n’est pas compétitif du tout, l’ouverture de trois segments est prévue (Internet et connexions directes dès 2006, télécommunications mobiles à partir de 2007…)
Une victoire du NON aurait par ailleurs compliqué l'Union douanière de l'Amérique centrale et par contre-coup l'Accord d'association que cette région commence à négocier avec l'Union européenne.
Concernant la mise en place d’un projet entre le Costa Rica et l’Union Européenne, les négociations sur un accord d’association (incluant dialogue politique, aide et échanges commerciaux) entre l’UE et l’Amérique centrale se sont ouvertes le 29 juin 2007 à Bruxelles.
Les exportations :
Le Costa Rica a fait des exportations sa principale force et les Traités de Libre Échange avec les autres pays ont pour but de stimuler encore plus ce secteur. Bien que le Costa Rica se soit réorienté vers ses voisins proches d´Amérique Centrale, le pays reste très dépendant de certains produits ainsi que de la situation économique de son grand voisin nord-américain : les États-Unis (40% des exportations).
Les exportations du Costa Rica se divisent en 3 secteurs : industriel (77,1%), agricole (20,8%), élevage et pêche (2,1%).
Composition des exportations en valeur par secteur en 2006

En 10 ans, le secteur industriel a doublé, sous l’impulsion du sous-secteur de la mécanique lourde, il représente aujourd’hui 75% des exportations du pays. Ceci est aussi dû à la considérable augmentation des exportations générées par les zones franches.
Source : Procomer
Les importations:
Les États-Unis sont le principal fournisseur du Costa Rica. Ils fournissent pratiquement la moitié des importations de ce pays (41,3%). L’Irlande est devenu depuis peu et devant l´Allemagne le premier pays européen (4,3%), mais l’Europe ne représente que 10,6% des importations. Le Costa Rica, comme toute la région d’Amérique centrale, reste peu connu et peu exploité par les Européens alors que les opportunités et les besoins du pays sont nombreux.
Comme tout pays en fort développement, les besoins costariciens sont très importants. Les importations sont surtout constituées de biens industriels (91,6%) mais les importations de produits agricoles (8,4%) connaissent une plus forte croissance (20% en 2006) et ne cessent d’augmenter (maïs et soja notamment).
Pour les importations industrielles, le Costa Rica importe surtout des biens d’équipement issus des branches de la mécanique, de l’électromécanique et de l’électronique.

L’ouverture au capital privé de certains secteurs a pris beaucoup de retard mais de nombreuses opportunités vont donc s’ouvrir à la coopération internationale dans les prochaines années, notamment dans les domaines de l’énergie, des télécommunications, des assurances et des infrastructures. Cela peut être l’occasion pour certaines entreprises européennes performantes de prendre des parts de marché au Costa Rica.
Les biens d'équipement des ménages sont un créneau important au Costa Rica mais l’industrie européenne reste peu présente sur ce marché.
Le parc automobile du pays est important, (au point qu'il impressionne tout visiteur), et on peut applaudir les efforts des constructeurs français (Renault, Peugeot, Citroën) qui sont bien implantés ici et connaissent une forte croissance. Total, à travers son réseau de 17 stations services et sa distribution de produits pétroliers est lui aussi présent sur le sol costaricien.
Balance Commerciale du Costa Rica
(Millions de $)
En 10 ans, les exportations ont plus que doublé et la balance commerciale était positive en 1999. Depuis 2000 cependant, le déficit commercial ne cesse d’augmenter. La hausse de la facture pétrolière et les importations croissantes de biens d’équipement et de matériel de haute technologie expliquent cette situation.
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